06 août 2008

Sigur Ros – Les Docks (Lausanne) le 09/07/08

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Le « groupe de ma vie » … Quasiment  trois ans après leur venue à Lyon, les voici de retour en Europe pour présenter leur dernier album « Með Suð í Eyrum Við Spilum Endalaust ». Celui-ci m’ayant considérablement moins bouleversé que « Takk… », l’excitation est de toute évidence moindre qu’en 2005. Je sais en plus que jamais de ma vie, je ne pourrai revivre un moment aussi intense, aussi fort, aussi puissant.

Petite dédicace perso, je n’aurai jamais pu aller à ce concert sans Pierre (alias Telim) du forum Hopeland, puisque c’est lui qui est passé me chercher quasiment à côté de chez moi. Donc, un immense merci à lui.

Après quelques galères pour trouver la salle, nous arrivons à destination peu après l’ouverture des portes, prévue à 20h00.

Les deux premiers rangs sont déjà pris, il nous reste encore la possibilité d’avoir une bonne place au troisième rang, debout. Pierre et sa femme choisissent finalement de monter sur le balcon de cette salle des Docks que je n’avais pas imaginé si intimiste.

Alors que j’attend tranquillement le début du concert les bras croisés, j’entend derrière moi des gens parler d’un certain forum. J’ose alors un « Excusez-moi, de quel forum vous parlez ? » et là, on me répond « Hopeland ! ». Ca si c’est pas du hasard ! Il s’agit en fait des membres Rionna et phoenix27 (accompagné de sa sœur). L’attente est ainsi beaucoup moins longue quand on discute entre passionnés ! Motif de satisfaction supplémentaire, la musique d’attente est de grande qualité avec entre autre du Beck, du Mùm, et… du Amiina (logique !).

D’un seul coup, les lumières s’éteignent. Apparemment, aucune première partie n’est prévue, et c’est tant mieux. Arrivée sur scène des quatre membres : Kartjan (clavier), Jonsi (chant, guitare à l’archet), Orri (batterie) et Georg (basse). Très vives acclamations du public (auxquelles je participe activement).

Une intro à l’ambiance feutrée, aucun doute, le groupe va ouvrir sur le majestueux « Sven-G-Englar » ; pas de round d’observation niveau décharge émotionnelle : de gros frissons parcourent déjà l’échine de l’assistance. Malgré la pauvreté du jeu de lumière et l’absence d’écran géant (dus à la taille modeste de la salle), ce concert promet d’être merveilleux, compte tenu de la forme vocale de Jonsi : c’est bien simple, je ne l’ai jamais entendu chanter aussi bien ! C’est pur, juste, tranchant, c’est le chant d’un ange mis à nu. Fin du morceau, on aurait voulu que ça ne s’arrête jamais… D’ailleurs, ça doit aussi être le cas pour Jonsi puisqu’il prend un malin plaisir à faire durer le dernier Tjuuuuuu autant que ses cordes vocales le permettent !

« Glósóli » et sa féerie automnale s’impose ensuite à nous : j’ai déjà vécu ce morceau à Lyon, et pourtant ce sera bel et bien sur ce chef-d’œuvre que mes larmes couleront sans pouvoir s’arrêter. Quelle fin incroyable… Surtout quand on se fait défiler les images du clip dans la tête ! je pense que mes glandes lacrymales réagiront toujours de la même manière quelque soit le nombre de fois que je verrai cette chanson en concert.

Autre chanson de « Takk… », « Sé Lest » nous enchante par ses glockenspiels et carillons. Deuxième partie du morceau : c’est avec le sourire aux lèvres et des applaudissements nourris que nous accueillons l’ensemble de cuivres qui accompagnera Sigur Rós ce soir, en plus du quatuor à cordes habituel formé par les petites fées d’Amiina. D’ailleurs, les protagonistes n’ont pas oublié de prendre soin de leur apparence : costumes, maquillage, c’est tout simplement la grande classe. Le public, exemplaire, est très réceptif à la musique des Islandais, et aucun bruit d’audience ne vient troubler l’exécution des morceaux.

Le concert se poursuit avec un autre grand classique du groupe : « Ný Batterí ». La présence des cuivres apporte un énorme souffle par rapport à la version de Lyon 2005. Bref, encore une grosse claque dans la figure. Mais le meilleur reste à venir !

En effet, les nouveaux morceaux, décevants sur disque, prennent toute leur ampleur en live ! A commencer par le radiophonique « Við Spilum Endalaust ». Alors qu’en version studio, la ligne de basse acoustique rend ce morceau poussif et plat, les cuivres et la basse électrique de Georg font ici clairement décoller le tout (et ceci même si Jonsi semble avoir un problème de son avec son harmonium) ! Le groupe prend son pied, cela se ressent et le plaisir devient communicatif.

Sigur Rós continue de nous dérouler de ce qu’il y a de plus optimiste dans leur répertoire avec le couple « Hoppípolla »  / « Með Blódnasir ». C’est avec un sourire jusqu’au oreilles que la foule entonne les Ho Hé Ho Hé de « Með Blódnasir » : la communion est totale.

Deuxième titre du dernier album joué ce soir, l’auto caricatural « Festival » voit son intro raccourcie de moitié, à mon grand soulagement. La fin est évidemment plus percutante que sur CD mais on est encore très loin du grand frisson. C’est à mon goût l’un des morceaux les plus faibles que Sigur Rós n’ait jamais écrit. Heureusement, la romantique « Gódan Daginn » arrive pour réchauffer nos cœurs : il n’y a qu’à fermer les yeux pour se sentir partir vers les étoiles. On aimerait encore une fois que ces instants durent éternellement. Après ça, on serait bien tenté d’aller voir les membres du groupe pour leur dire « OK, c’est bon, votre début de set a été extraordinaire, vous pouvez vous reposer maintenant et nous jouer une daube ! C’est vrai quoi, on a besoin de récupérer nous aussi ! ». Eh bien, c’est ce moment précis que choisit Sigur Rós pour nous dégainer leur plus beau morceau, « Saeglópur »... Dommage que le son de la salle, sans être mauvais, ne soit pas à la hauteur d’un tel monument… Comme d’habitude, la fin est absolument miraculeuse, majestueuse, gracieuse, unique…

Alors que j’essaie en vain d’appeler des amis pour leur faire partager ce moment, les premières notes de l’enjoué « Inní Mér Syngur Vitleysingur » retentissent. C’est un titre très simple et fédérateur figurant sur le dernier opus, et comme pour « Við Spilum Endalaust », son interprétation live lui fait considérablement gagner en consistance !

« Hafsól » fait partie de ces chansons reconnaissables avant même que le groupe commence à les jouer : il suffit d’apercevoir Georg Holm, le bassiste, avec sa baguette de batterie à la main… S’apprêtant à tapoter de façon métronomique sur les cordes de son instrument ! Pour la première fois de la soirée, quelques faussetés dans le chant de Jonsi apparaissent. Il est bien évidemment impossible de lui en tenir rigueur tant sa voix a tutoyé le paradis ce soir. Fin en apothéose, puis tout s’enchaîne très vite, quelqu’un jette dans la foule l’archet que Jonsi vient de casser en tapant comme un dingue sur sa guitare. On le lance vers moi ! Je parviens à l’attraper mais je m’aperçois que quelqu’un a saisi l’autre bout à côté de moi. Il me soutient qu’il l’a eu en premier, je nie, il insiste, je lui dit que ce groupe a changé ma vie, il n’y prête pas attention et veut par dessus tout que je lui rende l’autre extrémité de l’archet. Je suis évidemment extrêmement déçu… Impossible de savourer l’aventureuse « Gobbledigook », veritable hymne au bonheur et à la liberté, le tout arrosé de confettis.

Premier et seul rappel, le public n’espère qu’une seule et même chanson : « Untitled #8 ». Et le vœu collectif est exhaussé. Version somptueuse, qui perd en intensité visuelle avec l’absence des fameux jeux de lumières tueurs d’épileptiques, mais qui gagne en intensité sonore avec l’appui des grosses caisses et des tambours. La foule chavire, les applaudissements n’en finissent pas et la troupe au complet reviendra saluer trois fois. Je souris de les voir tous alignés là, comme il y a trois ans. Pierre récupère la set list, et moi je colle aux basques du possesseur de l’archet divin. Après avoir tenté par tous les moyens de le partager en deux (en allant jusqu’à demander au bar un couteau pour sectionner l’instrument, je crois que l’employé m’a pris pour un taré), le jeune homme reconnaît finalement (à ma grande surprise) que cet archet aurait sûrement encore plus de valeur à mes yeux qu’aux siens. Je fonds en remerciements puis je sors à l’extérieur à la recherche de Pierre que je mets bien vingt minutes à retrouver (grâce à un sens de l’orientation inexistant).

En résumé : quelle soirée… Un moment inoubliable, même si évidemment pas aussi marquant que ce fameux soir du 17 novembre 2005, qui restera éternellement au-dessus de tous les bonheurs qu’il me sera donné de vivre.

Vinc.

VIDEO Svefn-G-Englar

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Posté par Vinc2 à 22:08 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Sigur Ros – Les Docks (Lausanne) le 09/07/08

    Leur dernier album m'a un peu déçu, par l'absence de morceaux magnifiques comme sur Takk... et Agaetis Byrjun.
    Aussi, ils ne sont pas passés à Lyon cette année, je n'ai donc pas pu aller les voir, et quand je lis cette review, je regrette.

    Très bien écrit, bravo !

    Posté par Robbie arley, 17 janvier 2009 à 10:44 | | Répondre
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