01 octobre 2006

Sigur Ros - Transbordeur (Villeurbannes) le 17/11/05

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Je commence à peine à me remettre de leur prestation... Quelle magie, quelle puissance... C'est sans exagérer l'un des plus beaux jours de ma courte vie, une expérience vraiment unique. Au passage, Amina (1ère partie du concert : quatuor de quatre jeunes islandaises qui accompagne Sigur Ros sur tous leurs morceaux), c'était vraiment hors du temps, fantastique dans tous les sens du terme, on aurait dit de petites fées en train de nous narrer leurs comptines à l'orée d'une forêt scandinave durant la tombée de la nuit. Ces filles-là ont un charme fou et dégagent une telle sérénité... Avant leur dernier morceau (où elles se sont franchement éclatées ! Ca faisait plaisir à voir), l'une d'elle prend la parole d'abord en français puis en anglais, mon dieu qu'elle est belle Gros coup de coeur donc. Puis, très peu d'attente, à peine le temps de gruger quelques places, que les lumières s'éteignaient déjà...


Takk... : Intro, derrière un rideau, la tension commence à monter, dès les premiers instants la magie opère. Jeux d'ombres, une silhouette d'Orri (le batteur), hop de l'autre côté une silhouette de Jonsi (chanteur/guitariste entre autres) qui "enfourche" sa guitare et qui prend son archet, ils sont descendus de leur vaisseau spatial pour nous faire partager la magie islandaise...

Glósóli : Cette fois ça y est, les premières notes de Glosoli retentissement enfin. Toujours derrière le rideau, j'en profite pour fermer les yeux et encore mieux ressentir leur musique. Les larmes coulent déjà... Cette chanson (comme toutes les autres d'ailleurs) est déjà très intense en studio mais prend clairement une autre dimension en live. A la fin, le morceau éclate littéralement, de l’émotion à l’état brut. Pour moi, un des tout meilleurs moments du concert.

Ný Batterí : Longue intro, qui n'avait rien à voir avec celle de l'album, pourtant dès le début j'ai su que c'était Ny Batteri, grâce à l'atmosphère qui s'en dégageait. Puis la basse qui arrive... Encore un très bon moment, mais la fin m'a très légèrement déçu (si j'ose dire), j'aurai cru que ça exploserai "plus fort".

Sæglópur : Deuxième instant d'intense émotion pour moi... Le groupe se plait à qualifier cette chanson de "Rock'n'roll", et c'est vrai qu'en live le rythme est imparable, et puis ces basses qui vous porte... Le moment de la chanson que j'attendais le plus était la fin, eh bien j'ai été servi : cette mélodie, la voix de Jonsi se mêlant à la guitare/archet me donne vraiment l'impression d'avoir atteint le nirvana. Extraordinaire.

Njósnavélin (Untitled #4) : J'avais peur d'être déçu, car j'ai pu entendre plusieurs boots où elle figurait, parfois c'était magnifique, parfois ce l'était beaucoup moins et Jonsi chantait vraiment faux. Ici en l'occurence, c'était magnifique. On pourrait même dire "magnique" (mix de magique et magnifique... Non non, n'applaudissez pas...). Les ponts avec juste le Rhodes étaient bourrés d'émotions. Le summum était tout à la fin avec le duo cordes vocales de Jonsi/glockenspiel : fabuleux. Seul petit bémol (vraiment miniscule) : c'est vrai que le fait d'enchaîner des titres de Takk et de ( ), ça procure une sensation un peu bizarre, tellement le type d'émotion qui s'en dégage est différente...

Gong : Gong est une chanson que j'aime beaucoup, mais "sans plus" (tout est relatif avec Sigur Ros, hein). Mais en concert, elle prend vraiment une autre dimension, elle est oppressante, la basse toujours bien en avant comme il faut, les fées d'Amina font des merveilles avec leurs instruments... Et puis, je savais que le moment que j'attendais depuis si longtemps arrivait à grands pas...

Andvari : La fin de Gong est traînante, la pression se relâche tout doucement, et comme sur l'album, le début d'Andvari s'enchaîne directement après. Ca y est nous y sommes. Enfin, j'y suis plutôt. Andvari est un titre qui me transporte très très loin dans sa version studio, j'attendais beaucoup d'elle dans sa version live. Là encore je n'ai pas été déçu... Cette douceur, cette sérénité, ces cordes frottées qui nous crient "Venez, rejoignez-nous, ici en Islande c'est un paradis terrestre"... Féerique. Et puis cette fin interminable (légèrement plus courte que sur l'album je pense) a tiré une bonne partie des larmes de mon corps encore une fois. Sur l'écran géant, le garçon de l'artwork de Takk apparaît peu à peu... J'aurai souhaité que ce moment dure éternellement. C'était trop beau pour être vrai, et pourtant....

Olsen Olsen : Apaisement garanti. Vraiment excellente en concert, le fait que la voix de Jonsi ne soit pas noyée sous les effets de réverbération comme sur l'album rend le titre plus incisif, plus tranchant. La fin est une explosion de joie. Moins d'émotions pures mais plus de douceur et de dépaysement.

Hoppípolla
: Superbe. Du bonheur à l'état pur. Un véritable retour à l'enfance. Jonsi est à la basse (en plus de Georg Holm, le bassiste habituel), ce qui rend vraiment ce morceau plus profond. Ce n'était pas une explosion de cuivres à la fin, mais bel et bien une explosion de cordes, celles d'Amina en l'occurence : sans regret, la chanson en était quasiment magnifiée. Mon moment préférée fut l'accalmie juste avant le dernier refrain ("Hoppipo-laaa..."). Majestueux (les qualificatifs ne vont pas tarder à me manquer je sens)

Með blóðnasir : La fin d'Hoppipolla, moins prenante que sur l'album je trouve, c'est plus un instant de répis.

Viðrar Vel Til Loftárása : Enorme. Rien à redire. L'intro est parfaite, le passage au piano est rallongé par rapport à l'album puis la basse arrive, à partir de ce moment, c'est la montée progressive vers un orgasme musical. Au milieu de la chanson, le groupe s'arrête de jouer pendant une vingtaine de seconde, absolument toute la salle reste figée (à part trois pisse-vinaigres qui pensaient que le morceau était terminé, heureusement le reste du public les ont fait taire très rapidement). Sur l'écran géant, des gros plans sur la poupée du clip, la teinte grisâtre de son visage fait un peu penser à l'univers de "Von". Lors de l'explosion finale, mes yeux se mettent une nouvelle fois à pleuvoir.

Svo Hljótt : Sur scène tout comme sur l'album, je trouve que c'est un très beau morceau, mais il ne me touche pas, ne me remue pas les trippes. J'en ai profité pour observer le groupe, et tenter de réaliser ce qui m'arrivait... La fin est traînante, Sigur Ros se met soudain à s'affairer, on bouge les instruments, Jonsi déplace un petit clavier (mellotron ? harmonium ?) vers son micro, le groupe se rassemble tout autour et s’assoie, Georg commence à compter les temps avec sa tête...

Heysátan : Ca y est, Jonsi a joué le premier accord (un Sol pour être précis
J), tout de suite une ambiance feutrée s'installe. On se croirait en train de mourir, mais d'une mort heureuse, une sensation d'accomplissement. J'avais peur d'être déçu par ce morceau en live, je sais pas pourquoi, mais ce ne fut absolument pas le cas. Un instant de douceur infinie, la voix de Jon est vraiment envoûtante, ce titre est d'une grande fragilité, encore un moment magique, magnifié par les cordes frottées d’Amina.

Hafssol : Ma joie fut grande quand j'appris qu'ils avaient réincorporé un morceau de "Von" dans leur set list depuis le début de la tournée européenne (même si j'aurais préféré le titre Von lui-même)... La chanson où le bassiste jouait avec une baguette de batterie. Très psychédélique, dix fois mieux que la version album mais collant bien à l'esprit un peu film d'horreur de ce dernier, tout en montée en puissance. La voix de Jonsi était assez dérangeante mais ça collait vraiment bien à l'ensemble. Durant les 2-3 dernières minutes, les filles d'Amina commencèrent à jouer en pizzicato de plus en plus vite, jusqu'à une merveilleuse explosion finale : grandiose. Puis, le groupe s'en va, mais nous, on en veut encore...

Popplagið (Untitled #8) : Vite, je dois envoyer un texto à la mère de Thibault (avec qui j’ai été voir ce concert) pour que celle-ci vienne nous chercher... Trop tard ! La guitare de la Chanson Pop commence à miauler, vite "Envoyer", ouff... Que dire ? Ce morceau ne peut être jouée autrement qu'en dernière position, la puissance dégagée est telle... Les 6 premières minutes "calmes" du titre me font revenir dans l'univers sombre de "( )", puis tout s'arrête, seules les percussions semblent avoir survécues. Soudain, le rideau se referme brutalement. Je me dit "merde, c'est pas le moment de faire joujou avec les ombres les gars !". J'avais tort. La tension monte, la basse cogne de plus en plus, la batterie n'est pas en reste, la voix torturée du divin Jonsi fait le reste. BAMMMM, ça y est, c'est le septième ciel. Mes oreilles supporterons-t' elles une telle déflagration ? J'espère que oui, car je ne veux rater aucun miette de cet attentat sonore... Attentat également visuel, tant le jeu d'ombre & lumières aurait pu tuer un épileptique ! Je pense que je devais être en dans une sorte de transe à ce moment-là. Les dernières larmes de mon corps s'échappèrent, ça y est c'était terminé...

Très vives acclamations du public, applaudissements sans fin, Sigur Ros et Amina reviennent saluer avec chacun un grand sourire, repartent, nouveaux applaudissements sans fin, et enfin retour de groupe, pour le tout dernier instant de communion avec le public. Ce concert restera à jamais gravé en moi, c'était une expérience vraiment... indescriptible. Ma seule mini-minuculi-insignifianti-déception était l'absente de Milano ou de Svefn-G-Englar dans la Set List, mais bon c'est vraiment adecdotique.


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MP3 :

=> Andvari (Live à Lyon 17/11/2005)

Posté par Vinc2 à 11:22 - - Commentaires [4] - Permalien [#]


Commentaires sur Sigur Ros - Transbordeur (Villeurbannes) le 17/11/05

    T'as de la chance d'y avoir ete... je t'envie trop!!!

    Posté par maximilien, 12 décembre 2005 à 01:15 | | Répondre
  • Whaou ! Tu collectionnes les blogs, toi :p
    Mais attention, quand ils parlent de Sigur Ros, là ça devient fichtrement intéressant ...

    Quel concert.... Sans doute le meilleur de ma vie....
    Et quelle émotion... quelle puissance.. quelle beauté....
    rhaa j'y retourne dès que je peux

    *cette fois je ferais gaffe à la date*
    *private joke...*

    Posté par thibault, 12 décembre 2005 à 21:18 | | Répondre
  • Magnifique review.
    J'aurais rêvé être à ce concert.
    Surtout pour la chanson Viðrar Vel Til Loftárása, qui est la chanson la plus magnifique que je n'ai jamais écouté, tellement elle est parfaite.
    En concert, ça doit être une éxpérience incroyable.

    Posté par Robbie arley, 17 janvier 2009 à 10:54 | | Répondre
  • ...

    Sincerement je revais deja d'avoir la chance de les voirs un jour en live, mais tu me donne encore plus envie! Sa a l'air tellement manifique et rempli d'emotion, j'espere pouvoir en dire autant un jour.. Sigur ros.. Ce n'est pas descriptible tellement c'est beau:!

    Posté par Julie, 18 décembre 2006 à 20:58 | | Répondre
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