Les rêveries d'un rêveur...

26 juillet 2009

Coldplay - Viva La Vida Or Death And All Hid Friends

viva_la_vida_coldplayCOLDPLAY
Viva La Vida Or Death And All His Friends
Capitol/Parlophone
(2008)

1- Life In Technicolor
2- Cemeteries Of London
3- Lost !
4- 42
5- Lovers In Japan / Reign Of Love
6- Yes
7- Viva La Vida
8- Violet Hill
9- Strawberry Swing
10- Death And All His Friends

Album inespéré que ce « Viva La Vida Or Death And All His Friends »… Alors que les sessions de « X&Y » avaient révélé un groupe capable de produire un son monumental, la remise en question a une nouvelle fois été de mise. Et c’est Brian Eno lui-même qui s’est vu confié la lourde tâche d’apporter un souffle nouveau à la musique de Coldplay, sans en ébrécher l’âme.

La production du précédent « X &Y », bien que tout à fait impressionnante, pouvait paraître parfois un brin froide et déshumanisée, c’est donc en réaction à cet aspect que le travail de Eno s’est axé.

« Viva La Vida Or Death And All His Friends » est une œuvre chaleureuse et réconfortante. Tout commence par un « Life In Technicolor » à l’intro planante, laissant soudain place à des arrangements ensoleillés. On ressent déjà le changement de direction musicale, et on se doute que cela ne plaira pas à tout le monde.

« Cemeteries Of London » revient à quelque chose de plus sombre, une bonne chanson mais qui s’intègre mal dans un ensemble qui ressemble justement à un hymne à la vie.

On passe à la vitesse supérieure avec le premier vrai monument de l’album, « Lost », une merveille pop soutenue par de multiples orgues à la Arcade Fire. Les arrangements sont sublimes. On sent qu’on rentre alors dans le vif du sujet.

« 42 » est un autre sommet, la première partie de la chanson est pleine de grâce et de lyrisme, de la nostalgie à son état le plus brut. Encore une fois l’instrumentation est riche. Puis, tout s’anime, le vent tourne et une force irrésistible nous entraîne en avant : de la pop dans toute sa splendeur.

On enchaîne avec un autre feu d’artifice, celui de l’incroyable « Lovers In Japan / Reign Of Love ». Coldplay réinvente ici la pop, même si des réminiscences de U2 sont perceptibles par ci par là. Brian Eno fait des merveilles, le son est massif tout en gardant cette chaleur très caractéristique. Ecouter cette chanson le matin, en humant l’air frais et sous le soleil se levant paresseusement, c’est une des expériences les plus magiques que j’ai pu vivre. Le morceau s’étale et une deuxième partie fait son apparition, toute en finesse, piano rêveur et guitares cristalline se marient pour le meilleur. La voix de Chris Martin n’a jamais été aussi touchante. On a tout simplement l’impression de marcher sur un nuage. Les paroles sont magnifiques, le message de Coldplay est on ne peut plus positif.

Ce CD me rappelle vraiment Mercury Rev dans l’esprit, un vrai roc onirique… D’ailleurs, je n’ai été qu’à moitié surpris de voir Coldplay inviter les Rev pour la première partie de leur tournée en Asie du Sud/Océanie.

« Yes » en a rebuté plus d’un et pourtant c’est une vraie perle, le chant et les paroles désabusées mêlés aux arrangements orientaux en font une vraie belle balade aigre douce. Encore une structure en deux parties, avec une métamorphose vers un son purement shoegaze/dreampop à la Slowdive, tout simplement majestueux…

Puis arrive LA chanson intemporelle, qu’on le veuille ou non, ce « Viva La Vida » est une tuerie, un hymne à l’existence, une chanson parfaite pour courir seul dans les vallées désertes de Haute-Savoie, un dimanche matin où l’on a grandement besoin de réconfort. Les paroles sont encore fois remplies d’optimisme… Les chœurs étranges de la fin du deuxième couplet (et qui se répètent durant les dernières secondes du morceau) me font tout simplement défaillir. Une force inépuisable pour affronter la vie.

« Violet Hill » est certes un bon morceau, mais tout comme « Cemeteries Of London » s’intègre mal à l’ensemble : la production et les paroles, évoquant un univers froid et neigeux, brisent quelque peu la cohérence jusque là intacte de l’album. On se dit alors que c’est quitte ou double pour les deux dernières chansons… Et pourtant, il était bien inutile de s’inquiéter.

Un constat s’impose : ce « Strawberry Swing » est LE joyau de « Viva La Vida Or Death And All His Friends », la perfection et rien d’autre. Un texte si à la fois si simple et si marquant, une ligne de chant si chatoyante, des arrangements d’une finesse et d’une puissance rare, encore une fois le genre de chanson qui donne envie de vivre. La fin est extraordinaire, des images multicolores et sucrées viennent tapisser notre imaginaire, comment rester insensible à une œuvre pareille ?

Le bouquet final « Death And All His Friends » sonne comme un hymne, au sens le plus noble du terme. Mélodiquement, ce titre est intouchable… Encore une fois, il ne faudrait pas avoir de cœur pour ne pas être scotché par ce moment de grâce. La fin reprend le thème introductif de « Life In Technicolor », la voix y pose délicatement ces vers … « And in the end, we lie awake, and we dream we making our escape… ».

Au final, cet album restera dans mon top 3 de 2008 avec ceux d’Oasis et de The Verve. Quelque part, ça me rassure qu’un groupe comme Coldplay parvienne encore à monopoliser les charts mondiaux. Je sais que Chris Martin aime trop la musique pour un jour sortir un mauvais album.

Donc… Vivement le prochain !

9/10

Vinc.

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Bob Dylan - Arena (Genêve) le 20/04/2009

billetbob

Bob Dylan, un nom, un personnage, une légende plus que jamais vivante… Et cette légende, je l’ai eu devant moi ce soir. Ayant découvert l’artiste via ses albums les plus récents (tout comme ça avait été le cas pour Neil Young), je savais à quoi m’attendre sur scène : un band, une voix très éraillée, un Bob au clavier et des morceaux complètement ré-arrangés…

Après un drôle de Kebab payé 7 euros, nous voici dans la salle de l’Arena, où des rangées de places assises ont été installées pour l’occasion. Ce soir, deux types de public. Un public qui connait le vrai Bob Dylan. C'est a dire ses musiques, sa personnalité, son caractère, ses forces, ses faiblesses, ses engagements, ses textes... etc. Et un public qui ne connait pas Bob Dylan, ou bien un 1/100ème de son œuvre. C'est-à-dire, Like A Rolling Stone, Blowin In The Wind et Hurricane, bien sûr je caricature mais je suis pas loin de la réalité. Et ce public est venu voir Bob Dylan sa guitare à la main nous chantant avec la même voix que jadis ces tubes des années 60.

Le concert commence pile à l’heure et Dylan fait son arrivée avec le Band. Le son du groupe est puissant, Bob se réfugie derrière son orgue et envoie ses phrases au micro tel un crooner désabusé. « Just Like Tom Thumb’s Blues » sera le seul morceau où le Zim’ prendra la guitare (électrique) et jouera face à son public.

Le show continue mais déjà, certaines parties du public semblent tout à fait désappointées. Tous ces gens sont venu voir le personnage de Bob Dylan jouant un best-of de son œuvre… Dommage pour eux. Ce qui est sûr, c’est que ça envoie sévère sur scène, le son est massif, la voix est plus rocailleuse que jamais, les membres du Band sont tous d’excellents musiciens, on voit qu’ils tournent ensemble depuis de nombreuses années déjà.

A ma plus grande joie, plusieurs titres de « Time Out Of Mind » (1997) et de « Modern Times » (2006) seront joués ce soir : « Million Miles », « Tryin’ To Get To Heaven », « When The Deal Goes Down », « Spirit On The Water »,  « Thunder On The Mountain », « Beyond The Horizon », sans oublier les grands classiques, interprétés dans des versions très différentes des originales : « Like A Rolling Stone » (meilleur moment du concert pour moi), « Ballad Of A Thin Man », « All Along The Watchtower ».

Le public est particulièrement mou, on sent que beaucoup ne s’attendaient pas à ce type de concert. Un gars de la sécu passait dans les rangs pour faire éteindre les portables qui filmaient. Ambiance, ambiance !

Bob Dylan et son Band reviennent pour nous saluer, on entend déjà plusieurs commentaires désabusés (« ça commence à sentir le formol pour lui », « sa voix a vraiment changé quand même », « il a même pas joué de la guitare »…). Pour ma part, j’ai vécu un excellent moment de musique devant l’un des plus grands songwriters encore en activité. Ca me suffit amplement !

Vinc.

VIDEO All Along The Watchtower

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23 avril 2009

Hugh Coltman - Brise-Glace (Annecy) le 21/02/2009

billethughPour fêter ses 20 ans, le Fair, célèbre découvreur de talents (NTM, M, Ez3kiel, IAM...) organise une tournée dans toute la France pour fêter ses 20 ans. C'est à cette occasion que The Rodeo et Hugh Coltman faisaient une halte à Annecy ce week-end. Un autre groupe était invité par le Brise-Glace, sans que celui-ci ait un quelconque rapport avec le Fair, il s’agit de Mansfiel.TYA.

The Rodeo ouvre la soirée en beauté. Je n’avais jamais entendu parlé de ce groupe et je le regrette beaucoup vu la qualité presque miraculeuse de leur prestation. En lisant la description sur le site du Brise-Glace, je m'attendais à des choses simplettes à 3-4 accords surfant sur la mode sans intérêt de l'antifolk, et finalement tout les morceaux étaient vraiment variés et envoutants.

Le trio emmené par la charmante Dorothée, n’hésite pas à tâter de tous les instruments : ukulélés, glockenspiels, « tuyaux musicaux », violons, percussions… Ce déballage d’outils, si vain chez la plupart de leurs contemporains, est ici tout a fait justifié, apportant un vrai plus aux compositions. Nous voilà littéralement propulsés dans les plaines arides du grand ouest américain !

Voix rauque, accent de bad girl, Martin D-15 au son stupéfiant, il y a ici tout pour nous séduire. Le batteur est lui aussi tout à fait excellent. Le tout sonne juste et sincère, ce qui est devenu si rare de nos jours.

Malheureusement, l’auditoire est particulièrement mou. Annecy n’est manifestement pas une ville de cow-boys !

Fin du set, bien trop court à mon goût. Cette ambiance country-folko-féérique était vraiment fascinante...

Changement de plateau rapide pour laisser la place au duo féminin Mansfield.TYA. Ce que j’en ai entendu sur leur MySpace ne m’a guère convaincu mais évitons de nous fier aux apparences… Pression supplémentaire pour elles, le premier titre est perturbé par une tracasserie technique.

Au piano et au violon, « Pour Oublier Je Dors » marque le réel début du set. Pour moi, c’en est déjà trop, un texte d’ado dépressive, une composition pauvre et sans relief, tout comme la voix de la chanteuse, terriblement limitée. Derrière moi, des fans hardcore du groupe semblent émus au point de sangloter… Surréaliste.

Au final, j'ai trouvé leur performance insupportable, criarde, faible, tombant dans un pathos bon marché. Je n’ai vu aucun talent d'écriture particulier, aucune poésie, ni même de maîtrise autre que basique des instruments joués. Côté jeu de scène, la chanteuse paraît imbue d'elle-même, le partage avec le public est quant à lui quasi inexistant. Seul un morceau en anglais, à la mélodie simple et nonchalante, a retenu mon attention.

Et pour finir, ce choix de programmation, entièrement du au Brise-Glace puisque Mansfield.TYA n’a aucun rapport avec le FAIR, n'était absolument pas cohérent avec l’univers des deux autres groupes. Contre tout attente, le public semble conquis par leur prestation et demande un rappel. Retour pour une reprise de « Love Me Tender », où la chanteuse Julia Lanoë s’improvise maladroitement clown.

Voilà, cette fois c’est bel et bien fini, je suis resté parfaitement hermétique au monde de ces dames mais celles-ci semblent avoir déjà trouvé leur public. Reste plus qu’à leur souhaiter bonne continuation pour la suite de leur carrière.

Hugh Coltman, qui fait le buzz un peu partout dans la presse en ce moment, va devoir assurer et montrer qu’il n’a pas voler son statut de tête d’affiche ! The Rodeo a placé la barre très haute ce soir. Celui-ci fait son arrivée sur scène, accompagné de ses musiciens, tous en costume/chapeau, le teint hâlé et le cheveu frisottant !

Batterie, gratte électrique, clavier, basse font swinguer les compos pop/folk, voire même parfois jazzy notamment sur le très joyeux « Could You Be Trusted ». Un constat s’impose très vite, la voix du monsieur est tout simplement magnifique, et ce dernier la manie avec une aisance déconcertante. La qualité des chansons n’est pas en reste, toutes sont gorgées de soleil, et parfaitement exécutées. Le Band tout entier prend un plaisir évident à jouer, il suffit de regarder le sourire permanent du bassiste, la belle sérénité du claviériste, où l’énergie déployée par Hugh lui-même.

A mi-concert, les musiciens partent en loges, Hugh Coltman et sa guitare se retrouvent seuls face à son public, sur l'avant-scène, sans micro pour nous compter ses premières désillusions d'adolescent. « Sixteen » se joue, tel un instant de grâce durant lequel nous sommes suspendus aux paroles et à la mélodie.

Comme à mon habitude, je me trouve juste devant la scène tout au milieu, je ne perds pas une miette du spectacle… Plus tard, je me verrai même obligé de m’écarter, Mr Coltman ayant décidé de venir faire un petit tour dans la fosse !

Les titres sont de plus en plus endiablés, même si quelques pauses s'intercalent avec notamment la sublime « Voices ».

Après le traditionnel rappel, la soirée se termine enfin, il est tard et c’est avec des étoiles plein les yeux que nous partons regagner nos lits. C’était un magnifique instant de partage musical et si l’ami Hugh passe près de chez vous, je vous recommande chaudement d’aller le voir.

Vinc.

VIDEO extrait du concert de Hugh Coltman, figurant sur son blog (et on me voit dessus... !) 

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07 avril 2009

Oasis – Le Zénith (Nantes) le 12/01/2009

Quelle épopée mes amis… Tout commença le dimanche après-midi, train direction Lyon avec le RG, nous croisons un contrôleur SCNF peu commode qui nous factura au prix fort l’oubli de la période blanche. Après quelques hésitations dans le métro lyonnais, nous voici arrivés chez le thib, avec de quoi se désaltérer pour la soirée ! Peu après l’ami Bastien viendra nous rejoindre et nous aidera à écumer les pubs de la ville.

A peine cinq heures de sommeil plus tard, nous nous voici parfaitement réveillés (sic) pour rejoindre la gare Part-Dieu en métro. Le TGV part avec trente minutes de retard, dues au personnel de service qui apparemment a oublié de se lever ce matin. Arrivée vers 13 heures dans une ville de Nantes bien tristounette en ce jour de grisaille. Repérage de la salle après un long trajet en tramway. Puis l’attente et l’excitation qui montent doucement…

Devant la salle, le froid est glacial et la pluie tombe par intermittence, la file d’attente est déjà longue. Mais je me demande si nous aurions pas fini gelés si nous étions venus plus tôt !

Les Twisted Wheel ouvrent le bal avec leur rock brut aux frontières du punk. Ultra classique, pas toujours efficace, de plus le son est brouillon. De loin, le chanteur ressemble étrangement à Noel Gallagher, sans oublier l’accent purement mancunien, reconnaissable entre mille.

Pas mal d’attente, me sentant fébrile, je saoule le RG pour aller me chercher un sandwich, lui taxant un peu de bière au passage. Incroyablement flemmards, ces deux bougres de thib et Bastien seront les seuls à rester assis dans la fosse jusqu’au début du concert !

Mais les premières notes de la bande sonore « Fuckin’ In The Bushes » retentissement, ce qui a pour effet de relever illico nos deux compères. L’ambiance se réchauffe furieusement, le groupe fait son arrivée, ça pue la classe.

Et c’est parti ! « Rock’N’Roll Star » dans ta gueule. La voix de Liam est bonne sur le couplet (il la pince comme un canard et j’adore ça) mais c’est un désastre sur le pont et le refrain. Qu’importe ! Les mouvements de foule ont pris le dessus, ça pousse de tous les côtés, et ça envoie du lourd niveau guitares.

Le martyr vocal de Liam Gallagher (on apprendra plus tard qu'il avait une laryngite) se poursuit sur « Lyla », pourtant ultra-efficace en live. Cela s’améliore un peu sur le rageur « Shock Of The Lightning ». Craignant pour mes lunettes, alors que je me vide peu à peu de toute ma sueur, je choisis ce moment pour me reculer légèrement, là où la foule est beaucoup plus calme, et d’ailleurs semble à peine connaître le groupe.

Ce début de set est rentre-dedans et certains pisse-froids semblent s’en s’étonner (« Purée ça bouge vachement en fait Oasis ! »). « Cigarettes And Alcohol » et « The Meaning Of Soul » (dans une version fort décevante) viennent en remettre une couche.

On entre alors de plein pied dans le psychédélisme du dernier album avec « To Be Where There’s Life », qui prend vraiment tout son sens en live, avec sa ligne de basse démente et son chant halluciné. L’outro rallongée est du plus bel effet. Notons la présence des écrans géants qui ont leur importance, l’immersion est totale.

Liam s’éclipse alors pour laisser place à son frère au chant, et ça démarre fort avec « Waiting For The Rapture » que j’attendais comme le messie. Malheureusement, le son est mal équilibré, on entend à peine la voix de Noel. Dommage.

Puis le Chief enchaîne avec un chef-d’œuvre de face B « The Masterplan »… Combien de groupes pop paieraient très cher pour avoir une telle chanson sur leur album, même en 2009 ? Autre motif de satisfaction, lorsque Liam revient sur scène entonner son « Songbird », il parvient enfin à maîtriser sa voix et à lâcher des fins de phrases correctes. Ouf !

« Slide Away », monument pop absolu, m’enchante littéralement, la puissance mélodique à l’état pur. Je suis ravi de leur nouveau batteur Chris Sharrock, qui s’est bien fondu dans l’esprit Oasis, les chansons sont pour la plupart jouées dans leur tempo original (Supersonic, Slide Away, Champagne Supernova, Wonderwall…) ce qui n’était pas arrivé depuis très longtemps. A la fin du morceau, je m’aperçois à mon grand étonnement que je suis quasi le seul à reprendre les paroles de ce titre mythique, à part une jeune femme devant moi.

-          (Moi) « Ah, c’était bon putain !

-          (Elle) Tu l’as dit…

-          C’est moi où y aucun fan d’Oasis par ici ?

-          Y a aucun fan… »

Du coup, on a pu brièvement débattre de la set list, de la voix de Liam et autres sujets de comptoir britannique… Et quand elle me confit qu’elle a déjà fait 24 concerts d’Oasis, mon petit doigt me dit que je me trouve face à une des modératrices du forum Csoasis, mieux connue sous le nom de bananafrite ! Impression confirmée quelques jours plus tard. Marrant le hasard quand même…

Autre grand tube du groupe, « Morning Glory » nous fait encore et toujours sautiller et beugler avec le peu de cordes vocales qu’il nous reste. Jusqu’à présent la set list est fidèle aux dates précédentes et même si celle-ci est vraiment excellente, on espère une surprise à chaque intro… Et ce n’est pas toujours pas le cas avec ce « Ain’t Got Nothing » bien bourrin, suivi d’un « Importance Of Being Idle » gâché par un son très brouillon et un Noel plus que limite au chant.

La sublime ballade composée par le cadet Gallagher « I’m Outta Time » vient mettre tout le monde d’accord, l’atmosphère de ce titre est quasi onirique et la voix éraillée du Kid fait des merveilles.

« Wonderwall », dédicacé par Liam à toutes les minettes de Bretagne, est sans surprise le seul véritable moment de communion des 7000 spectateurs du Zénith. « Supersonic » nous achève purement et simplement, un grand moment de rock’n’roll. Le groupe s’éclipse une première fois pour la forme. Sous les acclamations du public, Noel Gallagher et Gem Archer reviennent sur scène.

Un gros babelais devant moi réclame « Magic Pie », je lui casse de suite ses rêves… Inutile de signaler que « Be Here Now » a encore été tout bonnement méprisé par les frangins Gallagher.

Le duo entame alors une sublime version électro-acoustique de « Don’t Look Back In Anger », repris une nouvelle fois en chœur par toute la salle. A la fin de la chanson, j’aperçois le RG pas loin sur la droite, je joue du coude pour le rejoindre et vivre la fin du gig avec lui.

« Dig Out Your Soul » est une dernière fois à l’honneur avec une des meilleures chansons de l’album, « Falling Down ». Malheureusement, la version live est moins percutante et Noel chante étrangement faux sur les couplets.

Liam revient sur scène pour la dernière fois et le groupe entame une superbe version de « Champagne Supernova ». Derrière moi, le RG hurle les paroles avec véhémence et pince inconsciemment sa grosse voix en mode Liam 2009. Effet garanti !

Mais c'est finalement un « I Am The Walrus » en roue libre qui se charge de mettre un point final à la soirée. Puis Noel, Gem Archer, Andy Bell et Chris Sharrock s'autorisent à rester sur scène quelques minutes pour saluer chaleureusement l'assistance…

Les lumières restent éteintes, on espère naïvement un deuxième rappel qui ne viendra pas. Sur le chemin du retour, débriefings à n’en plus finir sur cette magnifique soirée, les jambes sont lourdes, les T-shirts trempés de sueur et il pleut, mais qu’importe ce concert était vraiment magique. Le lendemain sera composé en vrac de repas très gras à Mc Do, de flânerie dans l’Espace Culturel Leclerc de Nantes, d’un trajet TGV sous le signe du sommeil, le tout saupoudré d’un brin de nostalgie… La vie vaut aussi le coup d’être vécue pour ça.

Vinc.

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29 janvier 2009

The Verve - Forth

the_verve_forth1THE VERVE
Forth
EMI/Parlophone
(2008)

1- Sit And Wonder
2- Love Is Noise
3- Rather Be
4- Judas
5- Numbness
6- I See Houses
7- Noise Epic
8- Valium Skies
9- Columbo
10- Appalachian Springs

« Forth », c’est l’histoire d’un des albums les plus fascinants de 2008, l’un des plus incompris aussi. On avait quitté The Verve en pleine implosion, après le succès planétaire d’ « Urban Hymns ». Alors qu’on croyait Richard Ashcroft investi dans sa plus ou moins passionnante carrière solo, les ex-membres de The Verve reprennent peu à peu contact : après avoir enregistré et mis à disposition sur Internet un jam de 14 minutes (« The Thaw Session »), le groupe fait son retour sur scène, à l’affiche des plus grands festivals européens. Ce come-back se concrétise finalement par ce disque sobrement intitulé « Forth ».

Commençons par l’artwork, magnifique. On pourrait quasiment l’interpréter comme une volonté de nous montrer quelle image se tapisser dans la tête durant l’écoute de cet album. En effet, autant le dire tout de suite, « Forth » est un sacré trip et prend doucement son envol au fil des longues pistes éthérées qui le composent.

Pourtant, le disque débute de façon très directe avec un immense « Sit And Wonder », impressionnant de maîtrise et de puissance. Premier constat, Ashcroft n’a jamais aussi bien chanté ; sa voix, qui a beaucoup murie depuis « Urban Hymns », se retrouve désormais habillée d’une douce réverbération sur la plupart des chansons (ce qui n’était pas le cas sur ces derniers efforts solo).

« Love Is Noise », que beaucoup ont un peu trop vite classé au rang de single FM du pauvre, possède un charme indéniable malgré un certain côté poussif sur le refrain. Après un « Rather Be » en demi-teinte, on revient a du très lourd avec le sublime « Judas ». Cristallin, spatial, fascinant… Voici une face nouvelle du quatuor. La voix est encore une fois extraordinaire, et chaque refrain agit comme une montée émotionnelle rappelant Sigur Ros. D’ailleurs la fin du morceau est étrangement superposable avec celle de « Svo Hljott » (album « Takk… »).

Alors qu’on est encore sous le choc de ce qu’on vient d’entendre, l’ambiance s’assombrit soudainement avec l’oppressant « Numbness ». Difficile d’accès, ce titre ne se révèle pleinement qu’après plusieurs écoutes, et pénètre sournoisement votre âme pour ne plus jamais en sortir. La guitare tranchante de Nick McCabe agit comme une lame de rasoir déchirant l’obscurité.

« I See Houses », entêtante avec son piano aérien, est une composition honorable même si le refrain (rappelant une nouvelle fois Ashcroft en solo) aurait mérité un peu plus de soin et de cohérence avec le couplet.

L’atmosphère redevient poisseuse avec l’arrivée du très rock’n’roll « Noise Epic ». Ligne de basse énorme, rythmique implacable, couplets parlés puis refrains chantés avec mépris… Et au moment où l’on s’y attend le moins, une explosion d’une puissance quasi inédite chez The Verve fait son apparition, dévastant tout sur son passage.

« Valium Skies », avec ses allures d’hymne psychédélique, calme le jeu et reprend les choses là où « Judas » les avaient laissé. Encore une fois, le résultat est saisissant de beauté et colle parfaitement à l’artwork.

Pouvant paraître plate aux premières écoutes, « Columbo » est en vérité une véritable perle, où le chant d’Ashcroft joue au funambule sur cette efficace ligne de basse. En arrière-plan, les guitares noyées sous les effets finissent de faire décoller le morceau. On peut deviner que les jams ont eu une grande importance dans l’élaboration de cet album, mais quand on voit le résultat (et qu’on y consacre un minimum d’écoutes), on ne peut que être bouche-bée.

Passons maintenant à cette magnifique chanson... « Appalachian Springs ». Cette intro, cette basse bien ronde, ce mid-tempo... La couleur est annoncée, ce morceau ne pouvait figurer qu'en clôture d'album. Cette ligne de chant pendant le couplet.... somptueuse. Et puis le refrain, aérien. Et ces paroles, puissantes et marquantes. Et cette fin en lent decrescendo, on voudrait que ça ne finisse jamais. Cette voix, cette mélodie, comment diable un être humain peut-il y rester indifférent ?

« Forth » se termine de la meilleure manière qu’il soit, et mérite d'être acheté rien que pour cette chanson. Sans aucun doute, un des grands albums de 2008.

8,5/10

Vinc.

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Herman Düne - Brise-Glace (Annecy) le 22/11/2008

billethermanCette année, le Brise-Glace fête ses 10 ans, pour l'occasion nous aurions pu espérer une programmation alléchante pour le deuxième semestre 2008… Malheureusement, ce sont des affiches étonnement convenues ou déjà vues et revues qui se succèdent de septembre jusqu’à décembre (Ezekiel, Coming Soon, Asian Dub Fondation…). L’exception qui confirme la règle est donc pour moi ce concert des franco-suèdois d’Herman Düne, un groupe que j’ai toujours apprécié. Le groupe aurait déjà du venir ici en début d’année mais il avait été remplacé au pied levé par l’excellent Peter Von Poehl.

Ayant un gros surplus de chèques Culture à utiliser avant fin 2008, je décide d’en faire profiter nombre de mes amis (ma douce Fanny, le Pierrot, Renaud, Colette et son frère). Encore une fois installés aux avant-postes, nous sommes fin prêts pour la première partie, les Baby Skins. Ce duo composé de deux charmantes américaines nous enchante littéralement. Leurs douces comptines susurrées à deux voix installent une atmosphère onirique et pleine de sérénité. Les membres d’Herman Düne les rejoindront pour leurs deux derniers titres. Pendant ce temps, la salle s’est peu à peu remplie.

Après une courte attente, David-Ivar Herman Düne et son impressionnante barbe, ouvre tout en douceur sur « On A Saturday » seul à la guitare, avant d’enchaîner, suivi cette fois par tout le groupe par « Try To Think About Me ». Les compositions du groupe sont agréables même si on a souvent l’impression qu’ils nous resservent inlassablement la même recette et les mêmes accords. Heureusement, les Herman Düne n’oublient pas d’éxécuter quelques-uns de leurs « tubes » (« That I Could See You Soon », « Good For No One », « Not On Top ») ainsi que quelques perles de leurs anciens albums (« With A Fistful Of Faith »). Je rêve d’un « Little Archirect », mais malheureusement il ne viendra pas.

Fanny avait pris de magnifiques photos du concert, mais à cause du vol de son portable dans le bus deux jours après, les voilà à jamais perdues… Résultat : aucune illustration pour ce compte-rendu, désolé !

Au final, ce fut un concert correct même si un peu décevant car répétitif. On aurait également apprécié un peu plus de communication avec le public. Et pour finir, quelques compositions mériteraient de se défaire de tout cet attirail de cuivres, ukulélés et compagnie… Mais que voulez-vous, le genre est à la mode.

Vinc.

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04 octobre 2008

Antiklimax - Aurora Polaris

aurorapolarisANTIKLIMAX
Aurora Polaris
Musea/Dreaming
(2008)

1- Landing
2- Air
3- The Lake
4- Etaiset Aanet
5- Nightlife
6- Crysal Broken Chords
7- Northbound
8- Slow Down
9- Berelict Stations
10- Away From Her
11- Epilogue
 

Inutile de tourner autour du pot, « Aurora Polaris » est un des meilleurs disques d’ambient/trip-hop qu’il m’ait été donné d’entendre cette année. Antiklimax, alias Vincent Bénésy, claviériste et bidouilleur venu d’Antibes, après un premier opus prometteur (« Plus Loin Vers L’Est », 2006), décide de s’entourer d’une chanteuse finlandaise Jaana Palonen et d’un musicien estonien Margus Mets afin d’insuffler une bonne dose d’âme et d’authenticité à ce disque dédié à la Finlande. Cette collaboration a pu prendre forme grâce à ce qu’on appelle de nos jours la « magie du net ».

Le résultat est à la hauteur de nos espérances. « Aurora Polaris » est avant tout un hommage au grand Nord, et cela s’entend. La production est cotonneuse, l’ambiance générale est brumeuse, incertaine, glaciale.

« Landing » annonce la couleur avec ses nappes de clavier planantes, quatre accords qui rappellent des introductions d’album telles que « Window » (The Album Leaf / « In A Safe Place ») ou « Takk… » (Sigur Ros / « Takk… »).

Après cette belle mise en bouche, le magnifique « Air », premier morceau chanté, poursuit dans la veine onirique et planante. La voix de Valveuni (nom d’artiste de Jaana Palonen) s’intègre parfaitement aux instrumentations concoctées par Antiklimax. Après un court mais néanmoins réussi « The Lake », on retrouve cette voix angélique qui semble nous compter une histoire en finnois (« Etaiset Aanet »).

« Nightlife », avec ses sonorités trip-hop, aurait tout à fait pu figurer sur l’opus précédent, c’est de l’Antiklimax pur jus. « Crystal Broken Chords » est une composition à moi, entièrement réarrangée par Vincent Bénésy, et même si je lui ai laissé carte blanche, je dois avouer que cette relecture me convient parfaitement. Vous pouvez comparer avec ma version qui se trouve sur www.myspace.com/vinc2.

« Northbound », avec ses 9 minutes 22, est le titre le plus sombre mais aussi le plus captivant de l’album et semble évoquer la menace nucléaire pesant sur la Finlande avec la construction d’un nouveau réacteur au sein de la centrale électrique de Olkiluoto.

Puis arrive LA pépite du disque, « Slow Down », forte d’une beauté et d’une mélancolie hors-du-commun, magnifiée par le retour au chant de miss Palonen. On se croierait la nuit, marchant dans la neige au beau milieu d’une forêt de sapins, dialoguant avec les anges. On se dit alors qu’on est proche de l’album parfait.

Malheureusement, « Aurora Polaris » faiblit légèrement sur la fin. « Derelict Station » et « Away From Her » ne sont pas des mauvais titres, mais ils s’intègrent mal dans l’ensemble cohérent que formait jusqu’à présent l’album. « Epilogue », en reprenant le thème de « Landing », nous laisse quant à elle un peu sur notre faim.

Malgré tout, on ne peut que saluer la qualité de cet opus, dont tous les titres s’enchaînent sans pause, tel un bloc compact et uniforme. A découvrir et à savourer.

 

8/10

Vinc.

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29 septembre 2008

Festival For Noise à Pully (Suisse) le 07/08/08

billetfornoiseQuelle aventure ! Je me souviendrai longtemps du périple que j’ai du accomplir pour me rendre à cette soirée d’ouverture du festival For Noise de Pully, près de Lausanne. Départ le matin en car direction Genève-Eaux-Vives, cette vieille gare SNCF qu’on croirait à l’abandon. Je prends le tramway, destination gare Cornavin, après avoir changé un peu d’argent suisse.

Pause collation, puis direction Lausanne. Arrivé là-bas en début d’après-midi, j’en profite pour déguster, ou plutôt tenter d’ingérer mes sandwiches jambon-beurre Champion (1 euro le lot).

Souhaitant être présent le plus tôt possible à Pully (on est jamais trop prudent), je saute dans le premier train desservant la gare de Pully-Nord. Il est alors aux alentours de 14h00. Deux minutes de trajet, puis je descend sur le quai et là c’est le choc : le lieu est complètement désert (en plus de m’être totalement inconnu) ! Au programme : trois heures d’attente. Avec en bonus une pluie orageuse qui s’abat par intermittence sur ce charmant petit village helvète.

Bref, 16h30, Matthieu (alias phoenix27, du forum Hopeland, cf. compte-rendu du concert de Sigur Rós aux Docks) arrive, tel le Messie. Munis alors d’un simple plan Mappi et de nos pauvres sens de l’orientation, nous nous dirigeons à pied sur le lieu du festival, après une vingtaine de minutes de marche. Et là, surprise, l’événement a lieu en pleine forêt ! Le cadre est somptueux et cette soirée promet d’être magique.

Curieusement, nous sommes parmi les premiers arrivés, et l’ouverture des portes prend même du retard. Pendant ce temps-là, les Syd Matters arrivent avec leur minibus (conduit par Jonathan Morali himself), l’air détendus comme à leur habitude.

La grande scène fait face à plusieurs chapiteaux qui abritent bars, sandwicheries, et stand marchandising. L’ambiance est tout à fait conviviale, il faut dire qu’il y a guère plus d’une centaine de personnes présentes pour le moment !

C’est donc devant un public très dispersé que le groupe local 20 Box Stories débute son set. Le premier morceau est excellent, très pop avec un petit côté planant très agréable. Ce côté facile d’accès ne nuit absolument pas à la qualité des compositions. Entre deux chansons, le chanteur tourne en dérision la situation cocasse due à la très faible assistance : « Il vaut mieux un parterre de qualité plutôt que de quantité ! ».

La pluie ne tarde cependant pas à s’inviter à la fête ; l’avantage d’une foule dispersée, c’est qu’on est pas vraiment gêné quand il s’agit d’ouvrir son parapluie ! Fin du concert, tout le monde s’en va s’abriter sous les chapiteaux, tandis que l’averse redouble d’intensité.

Pendant ce temps, le groupe Bang Gang et son charismatique leader Bardi Johannsson s’installe. Les choses sérieuses vont enfin commencer !

Le concert débute avec « Inside », magnifique morceau d’ouverture de l’album « Something Wrong ». Il suffit de clore nos paupières et de se laisser emporter.

D’autres chansons de cet album seront jouées ce soir telles les splendides « Follow » et « It’s Alright ». Mais le set fera également la part belle au dernier opus « Ghosts From The Past », qui semble sonner plus pop que le précédent (et vu la qualité des compositions, c’est une erreur de ma part de ne pas encore l’avoir écouté).

L’assistance n’est guère plus importante que pour 20 Box Stories, mais cela n’émeut aucunement le pince-sans-rire Bardi Johannsson : « On apporte la musique et vous apportez la pluie. Donc ça fait 50/50 ». Le dernier morceau s’achève, nouveau repli stratégique sous les tentes géantes. On tente de trouver une place assise et on en profite pour se restaurer !

La nuit commence à tomber, et Syd Matters s’amène sur la grande scène pour installer son matos. Je me dirige alors instantanément vers le guitariste Olivier, qui ne me reconnaît pas immédiatement mais qui retrouve subitement la mémoire quand je lui parle du CD de compos ainsi que du compte-rendu ! Après un bref échange verbal, je le laisse s’installer et lui souhaite de tout cœur un bon concert.

J’espère alors au fond de moi que le show de ce soir sera aussi intense que celui d’Annecy ! Le groupe sera-t’ il audacieux au point de varier un peu sa set list ? Suspense…

Un manteau de nuit recouvre encore un peu plus nos petites vies, et cette fois la foule est belle et bien là. Je n’avais pas réalisé le nombre de gens s’étant déplacés spécialement pour Johnatan Morali et sa bande !

Arrivée du band, quelques saluts et sourires discrets, puis le concert débute de la même manière qu’au Brise-glace : l’enchaînement « Intro Heartbeat Detector » / « Everything Else » nous file encore et toujours la chair de poule… L’ambiance nocturne renforce considérablement le côté onirique et chaleureux de leur musique. Les pépites s’enchaînent jusqu’au merveilleux « Cloudflakes » (voir la vidéo en bas de ce compte-rendu), dont j’avais tant regretté l’absence à Annecy. Quel pied ! Mais le meilleur est à venir… Contre toute attente (de ma part), le groupe entame un de leur plus beaux morceaux, « Obstacles ». Cette fois c’en est trop, quelques larmes d’émotions caressent lentement mes joues… Il faut dire que j’ai passé le concert dans un état de semi-trance mélancolique ! Pour ma part, aller voir un groupe dont je connais déjà la plupart des morceaux, c’est un gros avantage, je peux alors chanter, m’immerger, ressentir la musique comme je le fais seul à la maison, (mais en puissance 10) sans passer par la case découverte (ce n’est qu’après quelques écoutes qu’on peut vraiment ressentir le potentiel d’un morceau selon moi).

Et puis, merde, la set list de ce soir était TELLEMENT PARFAITE ! Il y avait tout mes morceaux préférés : une version toujours dantesque de « End & Start Again », « Middle Class Man », « Louise » (qui prend beaucoup d’ampleur grâce à ce cadre féérique) et l’intouchable « My Lover’s On The Pier ». Le public est totalement conquis, je me lance même dans un concours de « bravooooos » avec des fans entre chaque morceaux.

Syd Matters revient pour un magnifique rappel comprenant le classique « To All Of You » et une outro particulièrement musclée, où le groupe prend clairement son pied. L’humilité de ces musiciens n’a d’égal que leur talent… Dur de revenir à la réalité après un tel voyage.

Et pourtant, il le faut ! Moi et Matthieu sommes quasiment les seuls à attendre devant la scène, alors que la pluie reprend de plus belle. Mon CD de compos à la main, je n’attend qu’une chose : la venue des membres de Mercury Rev lors de l’installation de leur matériel. L’ex-batteur devenu claviériste Jeff Mercel est là, mais bien trop loin pour que je puisse l’approcher. On aperçoit également le bassiste et le batteur, les membres les plus récents et par conséquents les moins marquants du collectif. Alors que je désespère de voir apparaître l’une de mes idoles, le charismatique chanteur Jonathan Donahue, j’en profite pour aller faire une petite pause pipi. Erreur fatale. A mon retour, Matthieu me dit : « hé, ce serait pas lui le chanteur ? ». Putain je n’y crois pas ! Complètement abasourdi, je peine à sortir le CD de ma poche, et le temps que j’y parvienne, il était déjà reparti… Comme par magie. Quelle poisse… Il ne reviendra plus avant le début du show. Qui sera d’ailleurs reporté de vingt bonnes minutes à cause d’un orage fracassant ! Absolument tout le monde s’est regroupé sous les chapiteaux, c’est un véritable déluge.

Le temps se calme enfin et les gens se pressent vers la scène, du coup, la meilleure place (1er rang au centre) m’échappe et je me vois obligé de m’excentrer vers la droite. Mon cœur bat de plus en plus vite alors que le groupe fait son entrée dans le noir quasi total… Certaines lumières auraient-elles pété à cause de l’orage ? Le concert commence avec un nouveau titre que je connaissais déjà alors que je l’album n’est sorti qu’aujourd’hui (hum, merci Internet) : « Snowflake In A Hot World », un morceau assez quelconque mais dont l’outro est magnifiquement prolongée en trip psyché qui annonce la couleur pour la suite. Par ailleurs, Mercury Rev joue fort, très fort (trop ?), et je peux clamer haut et fort que les boules quies m’ont sauvé la vie ce soir là.

L’enchaînement se fait sans transition vers l’hymne « Holes », et il m’est tout simplement impossible de regarder ailleurs que vers ce lutin allumé à la voix de diamant. C’est de la magie à l’état pure, beaucoup de nostalgie également, une véritable décharge émotionnelle. Le meilleur moment du concert pour moi.

Puis défilent sans pause « The Funny Bird », une autre chanson de « Deserter’s Songs », une version longue et limite disco de « You’re My Queen », l’envoutante new one « People Are So Unpredictable (There’s No Bliss Like Home) » et une magnifique version de 10 minutes du classique « Opus 40 »…

Enchainement avec « Tides Of The Moon », sympathique en live mais la version studio est quand même bien plus captivante de par sa fragilité, son humilité et sa production lunaire. Ce show étant le premier de l’année pour Mercury Rev, impossible de deviner la suite de la set list.

BAM ! Première explosion sonique, on reconnaît immédiatement le monument de romantisme « The Dark Is Rising ». Je l’espérais tellement fort… Pour vivre exactement la chanson telle que je l’ai vécue, cliquez sur le lien en bas de ce compte-rendu, puisque j’étais juste à côté du gars qui a pris cette vidéo ! Petite anecdote savoureuse : alors que Jonathan entame le 3ème couplet, mon préféré, il se trompe dans les paroles et commence à chanter les paroles du 2ème couplet. Et moi, révolté par cette erreur, et dans le feu de l’action, j’hurle les bonnes paroles avec un accent pitoyable « I DREAMED THAT I WAS WALKING ! », si vous faites gaffe, on l’entend très bien dans la vidéo ! Et l’histoire ne s’arrête pas là puisque plus loin dans la chanson, le regard de Jonathan Donahue se tourne alors vers moi, je lui fais un grand sourire en secouant la tête (l’air de dire « c’est quand même pas sérieux de s’être planté dans le texte ! »), et à ma grande surprise, il me rendit mon sourire en tendant le bras dans ma direction, vous pouvez voir ça à 4’30 dans la vidéo. Un sacré moment ! Toujours pas de pause entre les chansons, la fin grandiose de ce chef-d’oeuvre s’enchaîne avec l’un des tout meilleurs titres du nouvel album, l’énergique « Senses On Fire ».  Efficace. La musique s’arrête après un énorme larsen de plusieurs minutes, les membres du groupe quittent la scène en saluant la foule. Déjà ? Heureusement, les Rev font leur retour pour nous jouer le tube « Goddess On A Hiway ». La foule apprécie.

C’est fois c’est bel et bien fini. Malgré le moment extraordinaire que je viens de vivre, je suis un peu déçu, en particulier parce qu’aucune chanson de « The Secret Migration » n’a été jouée. En compagnie de Matthieu et d’une fan italienne (parlant un anglais difficile à comprendre pour un franchouillard comme moi), j’attend quasiment une heure en espérant rencontrer le groupe dans l’optique de lui remettre mon CD de compos. Au final, c’est un des gars de la sécurité du festival qui vient nous voir pour nous dire que ça va fermer et qu’il faut dégager. Devant notre insistance et notre désarroi, il s’en va demander aux membres (tout du moins c’est ce qu’il prétend faire) s’ils sont prêts à nous recevoir, mais apparemment ce n’est pas le cas… Mais le colosse nous promet de leur transmettre nos présents (la fan italienne avait apporté un lapin noir en peluche, en référence à l’artwork du nouvel album). Encore une petite déception supplémentaire pour ma part...

Mais bon, ne faisons pas la fine bouche, j’ai vécu une soirée très forte en émotions. Le lendemain matin, lever à 6h, départ depuis la charmante gare de Bulle, escales à Palézieux, puis Lausanne, Genêve et enfin Annecy… A bientôt pour de nouvelles aventures…

Vinc.

VIDEO Cloudflakes (Syd Matters)

VIDEO The Dark Is Rising (Mercury Rev)

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06 août 2008

Sigur Ros – Les Docks (Lausanne) le 09/07/08

billetsr2

Le « groupe de ma vie » … Quasiment  trois ans après leur venue à Lyon, les voici de retour en Europe pour présenter leur dernier album « Með Suð í Eyrum Við Spilum Endalaust ». Celui-ci m’ayant considérablement moins bouleversé que « Takk… », l’excitation est de toute évidence moindre qu’en 2005. Je sais en plus que jamais de ma vie, je ne pourrai revivre un moment aussi intense, aussi fort, aussi puissant.

Petite dédicace perso, je n’aurai jamais pu aller à ce concert sans Pierre (alias Telim) du forum Hopeland, puisque c’est lui qui est passé me chercher quasiment à côté de chez moi. Donc, un immense merci à lui.

Après quelques galères pour trouver la salle, nous arrivons à destination peu après l’ouverture des portes, prévue à 20h00.

Les deux premiers rangs sont déjà pris, il nous reste encore la possibilité d’avoir une bonne place au troisième rang, debout. Pierre et sa femme choisissent finalement de monter sur le balcon de cette salle des Docks que je n’avais pas imaginé si intimiste.

Alors que j’attend tranquillement le début du concert les bras croisés, j’entend derrière moi des gens parler d’un certain forum. J’ose alors un « Excusez-moi, de quel forum vous parlez ? » et là, on me répond « Hopeland ! ». Ca si c’est pas du hasard ! Il s’agit en fait des membres Rionna et phoenix27 (accompagné de sa sœur). L’attente est ainsi beaucoup moins longue quand on discute entre passionnés ! Motif de satisfaction supplémentaire, la musique d’attente est de grande qualité avec entre autre du Beck, du Mùm, et… du Amiina (logique !).

D’un seul coup, les lumières s’éteignent. Apparemment, aucune première partie n’est prévue, et c’est tant mieux. Arrivée sur scène des quatre membres : Kartjan (clavier), Jonsi (chant, guitare à l’archet), Orri (batterie) et Georg (basse). Très vives acclamations du public (auxquelles je participe activement).

Une intro à l’ambiance feutrée, aucun doute, le groupe va ouvrir sur le majestueux « Sven-G-Englar » ; pas de round d’observation niveau décharge émotionnelle : de gros frissons parcourent déjà l’échine de l’assistance. Malgré la pauvreté du jeu de lumière et l’absence d’écran géant (dus à la taille modeste de la salle), ce concert promet d’être merveilleux, compte tenu de la forme vocale de Jonsi : c’est bien simple, je ne l’ai jamais entendu chanter aussi bien ! C’est pur, juste, tranchant, c’est le chant d’un ange mis à nu. Fin du morceau, on aurait voulu que ça ne s’arrête jamais… D’ailleurs, ça doit aussi être le cas pour Jonsi puisqu’il prend un malin plaisir à faire durer le dernier Tjuuuuuu autant que ses cordes vocales le permettent !

« Glósóli » et sa féerie automnale s’impose ensuite à nous : j’ai déjà vécu ce morceau à Lyon, et pourtant ce sera bel et bien sur ce chef-d’œuvre que mes larmes couleront sans pouvoir s’arrêter. Quelle fin incroyable… Surtout quand on se fait défiler les images du clip dans la tête ! je pense que mes glandes lacrymales réagiront toujours de la même manière quelque soit le nombre de fois que je verrai cette chanson en concert.

Autre chanson de « Takk… », « Sé Lest » nous enchante par ses glockenspiels et carillons. Deuxième partie du morceau : c’est avec le sourire aux lèvres et des applaudissements nourris que nous accueillons l’ensemble de cuivres qui accompagnera Sigur Rós ce soir, en plus du quatuor à cordes habituel formé par les petites fées d’Amiina. D’ailleurs, les protagonistes n’ont pas oublié de prendre soin de leur apparence : costumes, maquillage, c’est tout simplement la grande classe. Le public, exemplaire, est très réceptif à la musique des Islandais, et aucun bruit d’audience ne vient troubler l’exécution des morceaux.

Le concert se poursuit avec un autre grand classique du groupe : « Ný Batterí ». La présence des cuivres apporte un énorme souffle par rapport à la version de Lyon 2005. Bref, encore une grosse claque dans la figure. Mais le meilleur reste à venir !

En effet, les nouveaux morceaux, décevants sur disque, prennent toute leur ampleur en live ! A commencer par le radiophonique « Við Spilum Endalaust ». Alors qu’en version studio, la ligne de basse acoustique rend ce morceau poussif et plat, les cuivres et la basse électrique de Georg font ici clairement décoller le tout (et ceci même si Jonsi semble avoir un problème de son avec son harmonium) ! Le groupe prend son pied, cela se ressent et le plaisir devient communicatif.

Sigur Rós continue de nous dérouler de ce qu’il y a de plus optimiste dans leur répertoire avec le couple « Hoppípolla »  / « Með Blódnasir ». C’est avec un sourire jusqu’au oreilles que la foule entonne les Ho Hé Ho Hé de « Með Blódnasir » : la communion est totale.

Deuxième titre du dernier album joué ce soir, l’auto caricatural « Festival » voit son intro raccourcie de moitié, à mon grand soulagement. La fin est évidemment plus percutante que sur CD mais on est encore très loin du grand frisson. C’est à mon goût l’un des morceaux les plus faibles que Sigur Rós n’ait jamais écrit. Heureusement, la romantique « Gódan Daginn » arrive pour réchauffer nos cœurs : il n’y a qu’à fermer les yeux pour se sentir partir vers les étoiles. On aimerait encore une fois que ces instants durent éternellement. Après ça, on serait bien tenté d’aller voir les membres du groupe pour leur dire « OK, c’est bon, votre début de set a été extraordinaire, vous pouvez vous reposer maintenant et nous jouer une daube ! C’est vrai quoi, on a besoin de récupérer nous aussi ! ». Eh bien, c’est ce moment précis que choisit Sigur Rós pour nous dégainer leur plus beau morceau, « Saeglópur »... Dommage que le son de la salle, sans être mauvais, ne soit pas à la hauteur d’un tel monument… Comme d’habitude, la fin est absolument miraculeuse, majestueuse, gracieuse, unique…

Alors que j’essaie en vain d’appeler des amis pour leur faire partager ce moment, les premières notes de l’enjoué « Inní Mér Syngur Vitleysingur » retentissent. C’est un titre très simple et fédérateur figurant sur le dernier opus, et comme pour « Við Spilum Endalaust », son interprétation live lui fait considérablement gagner en consistance !

« Hafsól » fait partie de ces chansons reconnaissables avant même que le groupe commence à les jouer : il suffit d’apercevoir Georg Holm, le bassiste, avec sa baguette de batterie à la main… S’apprêtant à tapoter de façon métronomique sur les cordes de son instrument ! Pour la première fois de la soirée, quelques faussetés dans le chant de Jonsi apparaissent. Il est bien évidemment impossible de lui en tenir rigueur tant sa voix a tutoyé le paradis ce soir. Fin en apothéose, puis tout s’enchaîne très vite, quelqu’un jette dans la foule l’archet que Jonsi vient de casser en tapant comme un dingue sur sa guitare. On le lance vers moi ! Je parviens à l’attraper mais je m’aperçois que quelqu’un a saisi l’autre bout à côté de moi. Il me soutient qu’il l’a eu en premier, je nie, il insiste, je lui dit que ce groupe a changé ma vie, il n’y prête pas attention et veut par dessus tout que je lui rende l’autre extrémité de l’archet. Je suis évidemment extrêmement déçu… Impossible de savourer l’aventureuse « Gobbledigook », veritable hymne au bonheur et à la liberté, le tout arrosé de confettis.

Premier et seul rappel, le public n’espère qu’une seule et même chanson : « Untitled #8 ». Et le vœu collectif est exhaussé. Version somptueuse, qui perd en intensité visuelle avec l’absence des fameux jeux de lumières tueurs d’épileptiques, mais qui gagne en intensité sonore avec l’appui des grosses caisses et des tambours. La foule chavire, les applaudissements n’en finissent pas et la troupe au complet reviendra saluer trois fois. Je souris de les voir tous alignés là, comme il y a trois ans. Pierre récupère la set list, et moi je colle aux basques du possesseur de l’archet divin. Après avoir tenté par tous les moyens de le partager en deux (en allant jusqu’à demander au bar un couteau pour sectionner l’instrument, je crois que l’employé m’a pris pour un taré), le jeune homme reconnaît finalement (à ma grande surprise) que cet archet aurait sûrement encore plus de valeur à mes yeux qu’aux siens. Je fonds en remerciements puis je sors à l’extérieur à la recherche de Pierre que je mets bien vingt minutes à retrouver (grâce à un sens de l’orientation inexistant).

En résumé : quelle soirée… Un moment inoubliable, même si évidemment pas aussi marquant que ce fameux soir du 17 novembre 2005, qui restera éternellement au-dessus de tous les bonheurs qu’il me sera donné de vivre.

Vinc.

VIDEO Svefn-G-Englar

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03 juillet 2008

Neil Young - Halle Tony Garnier (Lyon) le 25/06/08

billetneilyoung



Quand ce n’est pas le père, c’est le fils ! En effet, c’est avec le père de Thibault que je pars assister à ce concert inespéré. Je n’arrivais pas y croire, je voir jouer Neil Young, influence majeure pour tout musicien folk, rock, grunge, country...

Arrivés sur place avec une heure d'avance, nous nous empressons d’avaler un kebab et un soda pour pouvoir rejoindre la queue impressionnante qui s’était déjà formée. Mais l’attente fut assez courte, et ainsi arrivons-nous dans cette salle très atypique réputée au son laborieux. L'âge moyen des spectateurs était plutôt avancé (autour de 45 ans), cela change furieusement des concerts auxquels j’ai l’habitude d’assister ! Nous nous retrouvons à une dizaine de mètres de la scène, dans la fosse, un peu excentrés à droite. Conditions idéales.

Première partie terrible ! Des francophone en plus ! Dommage, je ne me souviens plus de leur nom et ce n’est pas marqué sur le billet... Du bon vieux rock qui met de l'ambiance. Enfin, façon de parler, avec la frilosité décevante du public. Dommage, car je les ai trouvé vraiment à la hauteur. Le chanteur était à fond dans son trip, c’était assez drôle à voir. Fin de la première partie sur une chanson vantant les mérites du Whiskey (« The Whiskey Time ») avec une bouteille de ce doux breuvage qui fit le tour du groupe.

Tout le monde a maintenant l'esprit ailleurs. Ca commence à siffler et à scander « Neil Young ! Neil Young ! »… Moi qui suit d’habitude très patient, je dois avouer que l’attente fut vraiment longue. Enfin, les lumières s’éteignent, dans quelques dizaines de secondes, le Loner va rentrer sur scène...

D’après les set list de Vérone et de Florence, le concert s’annonçait très électrique. Dès le début, Young donne le ton. « Mr. Soul », « I've Been Waiting For You », pour le début, deux chansons que je connais mal, mais quelle entame ! Puis le groupe enchaîne sur le brulôt « Spirit Road » extrait du dernier album, c’est simple mais jouissif, une telle sincérité se dégage de son interprétation… Et ça enchaîne avec un long morceau de « Ragged Glory » que j’aime tout particulièrement, le vibrant « Love And Only Love » ! Mélodie parfaite, solos rageurs, ça envoie du bois ! Premier constat, la voix de Neil est absolument parfaite ce soir.

Et puis quelle énergie ! Je pense que le public a du être un peu désorienté par ce début de set dévastateur…

C’est à ce moment que le Loner choisit d’enfoncer le clou avec l’intemporel « Hey Hey, My My ». La foule se réveille enfin, c’est du pur délire ! De gros frissons m’ont traversé l’échine au moment où Neil prononça "It’s better to burn out than to fade away "! Concernant le son ce soir, rien à redire, je m’attendais à bien pire que ça et finalement de là où on était, c’était parfait.

Le très mélodique « Too Far Gone » assure à merveille la transition entre la partie électrique et acoustique du concert. Neil Young, d'excellente humeur, demande si tout va bien nous dit que l'endroit (la salle ? la ville ?) a vraiment changé en bien depuis sa dernière visite. Il enfourche alors sa guitare acoustique et entame « Oh Lonesome Me »… Ouah, quelle claque ! On aurait dit qu’il était sur une étoile et qu’on avait juste à l’écouter et à le regarder pour venir le rejoindre tout là-haut. Cet homme nous ouvre tout simplement son cœur dès qu’il commence à jouer.

Puis Neil se dirige vers son harmonium et commence LE morceau du concert (pour ma part) : « Mother Earth (Natural Anthem) ». Ahhh ce titre... D'après un air traditionnel irlandais (entre autre repris par Renaud), Neil Young fait une chanson absolument bouleversante. La version studio (figurant à la base sur l’album « Ragged Glory ») est chargée de guitares ultra saturées et je ne m’attendais pas du tout à le voir seul avec son harmonica, son harmonium et bien sûr sa voix, pour nous interpréter cette merveille. Mes yeux s’embuèrent tout seul. Alors tant pis si les ingénieurs du son avaient oublié de rebrancher les micros des choeurs. Neil a suffi...

Puis toujours seul mais avec sa guitare cette fois-ci, Young nous joue l’immense « The Needle And The Damage Done » (un de mes morceaux préférés d’Harvest). Encore un grand moment, dont on aurait aimé qu’il dure toute la nuit…

Aucun morceau d’ « Harvest Moon » n’avait été joué lors des concerts précédents en Italie et je m’étais résigné à ne pas en entendre ce soir. Et là, magnifique surprise, retour du groupe en entier pour entamer le sublime « Unknown Legend » ! Ce morceau renferme une telle beauté, une telle nostalgie…

Neil Young sait quand c’est le moment de distiller ses grands classiques. Toute la salle l’attendait, et ce moment arriva : les premières notes d’ « Old Man » retentirent et je pense qu’à cet instant précis, tout le monde a ressenti la même émotion.

Mais à peine remis de ce sommet musical, le Loner passa encore à la vitesse supérieure avec une fabuleuse interprétation de « Words (Between The Lines Of Age) »… Quelle voix, et ce changement de rythme, pffiou vraiment bouleversant…

Le concert reprend alors sa tournure bien électrique avec une version rock de « Get Back To The Country ».

Et là le miracle ! Neil joue « No Hidden Path », un des meilleurs titres de son dernier album « Chrome Dreams II » dans une version absolument prodigieuse ! Neil ne veut plus arrêter son solo de guitare et la chanson est partie pour durer encore bien plus longtemps que la version studio, qui fait déjà quatorze minutes (excusez du peu) ! Apparemment vu la tête des autres musiciens, c'était de l'improvisation totale. Neil était en transe. Et ce titre possède un tel groove, un tel feeling, que les minutes défilent comme des secondes…

A un moment, il décide de se rapprocher d'un projecteur et le fil de sa guitare se coince dans le piano. Patatra, il se retrouve par terre mais le jeune homme de 63 ans ne s'arrête pas de jouer pour autant ! Il se relève tant bien que mal et continue le morceau, non sans avoir donné un coup de pied rageur à l'enceinte sur laquelle il est tombé ! Deux minutes plus tard, il pointera un doigt en forme de revolver en direction d’un des techniciens (apparemment fautif dans l’affaire du câble coincé). Neil est vraiment déchaîné. Il retourne vers son groupe mais continue toujours de jouer. Finalement, complètement lessivé, il termine le morceau dans un véritable déluge sonore. Une formidable ovation se répand dans la salle ! Tout le public est complètement abasourdi, conscient d'avoir vécu un moment phénoménal !

Premier salut. La foule en redemande, tout le monde sans exception scande le nom de cette légende vivante…

Le Loner revient, non sans s’être fait désiré. Je m’attend à « All Along The Watchtower » de Dylan, titre qui a été joué en rappel lors des deux dernières dates. Mais non ! On a le droit à 100, que dis-je à 1000 fois mieux ! Neil va interpréter une fantastique et intouchable chanson des Beatles « A Day In The Life ». Selon moi, peu d’artistes ont le droit de s’attaquer à un tel monument. Neil Young fait partie de ceux-là. A la fin, Young arrache les cordes de sa guitare. Puis s’en va. Définitivement. Quelle classe, quelle arrogance… Cet homme nous aura tout simplement « pissé à la raie ».

Encore une ovation dans la salle ! Le groupe repart dans les coulisses et la foule continue de hurler. Mais ils ne reviendront pas malgré l'insistance du public. Apparemment, un autre rappel était prévu mais il faut croire que l'impro intense de Neil Young sur « No Hidden Path » l'avait complétement vidé. On ne peut pas lui en vouloir vu la version du morceau. En tout le concert aura duré 2 heures.

Sincèrement 55 euros pour ce qu’on a vu ce soir, c’était vraiment peu. On ressort d’un concert de Neil Young apaisé, comme après un retour aux sources. Ca sent la terre, le feu, les valeurs humaines. Cet artiste est toujours resté intègre malgré ces quarante ans de carrière et ses 42 albums. A 63 ans, après avoir fait une rupture d’anévrisme il y a 3 ans, Neil Young pète la forme et chante à la perfection. Des solos déments, une véritable pèche, des sauts en l'air… Et une véritable hargne dans ses yeux, signe qui ne trompe pas.

Bilan : j’ai vécu le deuxième plus beau concert de ma vie, derrière Sigur Ros en 2005 et juste devant Syd Matters en 2008... Merci M. Young.

Vinc.

VIDEO (Rappel) Début de A Day In The Life (Beatles Cover) 

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